© 2018, Ariane Buisson.

Dernière modification Vendredi 12 octobre 2018

Références :

Lorand Gaspar, Patmos et autres poèmes, Paris, Gallimard, Poésie, 2001 (2004).

Patmos

Dans la ruelle pavée de mer

trois vieilles vêtues de noir

éclairées du blanc d'un mur

accueillent la nuit.

Le choeur antique me salue sur le seuil

les voix très hautes déraillent un peu

sous la cendre endormie des deuils

frissonne la mémoire d'un feu.

La pêche fut bonne cette année

je me souviens de la peur dans les fonds,

le combat obscur, la lueur clouée,

un timbre éteint dans la musique -

cela bouge encore dans la chair

tant de ténèbres soudain à creuser

sur le chemin tu ne sais pourquoi

où chantent les Érinyes -

Lorand Gaspar, "Patmos"

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